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AWARE & COLORFUL

  • Vernissage Ni Dieu ni Maître

    15/06/2018
    Galerie Thierry Marlat 2 rue de Jarente, 75004 Paris

    Parcours érotique à Paris du Salo VI à la Galerie Thierry Marlat

    Commissariat Elisabeth Kepler

    Peut-on encore librement jouir de la sensualité de nos corps ?

    L’affirmation d’une posture athéiste dans le monde occidental donne l’apparence que tout

    comportement sexuel est possible, pour le moins envisageable. Les femmes obtiennent de plus en

    plus de pouvoirs, tout en se confrontant à un sexisme autoritaire machiste persistant, qui domine une

    bonne partie du monde capitaliste. Sauf à se contenter d’un féminisme dénué de sensualité, sauf à se

    poster devant, contre ou derrière une législation qui règlemente de plus en plus la sexualité, sauf à se

    soumettre entièrement aux comportements sociétaux types qui norment intégralement non

    seulement nos désirs mais également le lien qui unit puissance et désir, il faudra bien trouver les

    options qui restent possibles pour satisfaire nos désirs érotiques, notre besoin de séduction, en bref,

    la nécessité pour chacun de protéger sa dignité de personne humaine.

    Les œuvres des artistes réunies dans cette exposition Ni Dieux ni Maître sont des propositions, des

    visions libres qui questionnent les points de vue, autant dire des fantasmes, qui sont des sujets de

    controverses, mais surtout, ce sont des propositions qui d’abord ouvrent le champ sexuel, champ

    heureusement plus vaste qu’on l’imagine…

    Les artistes Marlagor et Susanne Strassmann & Stéphane Trois Carrés trouvent dans le partenariat de la

    production non seulement un nouveau moyen de communication entre les sexes, mais également des

    visions nouvelles dans le rapport vu et vision, espace et corps, formes qui séduisent et formes qui

    produisent des distances. Franck Hommage et Arnaud Cohen ne se contentent pas uniquement d’une

    approche visuelle du sujet. Ils y ajoutent la littérature, la poésie, la réflexion cognitive (dialogue

    mentale qui suppose un inter-locuteur). Dans le cas d’Arnaud Cohen les dé- et re-compositions du

    corps par des formes représentatives du pouvoir politique ou mercantile pour y retrouver les

    blessures qui se sont inscrites dans nos corps, permet de nous re-donner une nouvelle intégrité. Chez

    Jay Alansky l’image est entièrement lié aux besoins sexuels : en visant le modèle par l’œil d’une

    caméra, il découvre sa propre solitude, il proclame l’impossibilité de s’approprier son sujet par la

    caméra ; il dévoile l’érotisme profondément encré dans la mélancolie. Pour Marcus Kreiss, la

    performance est instantanée, immédiatement dans la collaboration avec une femme, nue, « bien dans

    sa peau », qui est son option pour retrouver les formes d’expression susceptibles de nous amener à

    retrouver une certaine joie de vivre dans nos besoins sexuels. Ce faisant, il établit à chaque dessin,

    pour chaque femme, l’étymologie de la naissance du désir.



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